Et si on revoyait le format des compétitions LNB ?

L’interruption du championnat de France de basket imposé par la crise sanitaire a rouvert la boite de Pandore des réflexions autour d’une réforme du format de la compétition. Un sujet qui m’a personnellement toujours passionné ! Je profite donc de l’occasion pour coucher sur la papier « ma » formule rêvée du championnat de France de basket, une formule qui couvre les compétitions de la ProA à la NM1.

Inclure les problématiques de l’ensemble des acteurs

Le championnat de France de basket cherche la bonne formule, celle qui satisfera les intérêts divergents de ses clubs. La crème ? Elle souhaite une formule domestique allégée pour lui permettre de se concentrer sur les échéances européennes. Les autres ? Ils veulent plus de matchs pour davantage de recettes billetterie. Ceux qui naviguent entre deux eaux ? Plus de sécurité pour limiter le risque de relégation et les conséquences financières que cela implique. Et les diffuseurs ? Ils ont besoin d’affiches pour attirer les abonnés. Et le public ? Il apprécie la lisibilité et affiche un goût prononcé pour les affiches «régionales», les derbies.

Je n’apprends rien à personne, le basket soumis plus que tout autre à l’influence américaine, et cette philosophie «business» ne cadre pas précisément à l’approche européenne traditionnelle. En clair, là où le sport US se veut élitiste et fonctionne en ligue fermée, l’Europe conserve cette part de romantisme en préservant un «ascenseur social», celui des montées et descentes. Par ailleurs, l’Europe repose sur une arborescence de compétitions – Coupe d’Europe, Championnat, Coupe – alors que la NBA est une compétition unique, bien que subdivisée en conférences et en divisions.

Mêler divisions et poule unique

A l’heure actuelle, la poule unique est le pire système à l’exception de tous les autres. Mais a-t-on vraiment poussé la réflexion concernant les autres ? Je m’y suis essayé en imaginant une formule domestique qui parviendrait à cocher toutes les cases listées en amont, c’est à dire parvenant à faire concilier les enjeux des grands clubs et de la «majorité silencieuse», des dirigeants et des spectateurs et même des diffuseurs. Une formule en 3 phases au lieu de 2 actuellement (saison régulière et Playoffs), qui fusionne un fonctionnement en divisions et en poule unique. Explications.

Ma nouvelle formule de championnat de France permettrait d’élargir la Ligue Nationale de Basket à 40 clubs professionnels au lieu de 36 actuellement. Elle inclut une zone de contact avec l’élite des championnats amateurs et implique aussi une réforme de la Nationale 1 que je conçois à 24 clubs. En définitive, clubs professionnels + clubs de NM1, le total serait de 64 clubs, soit autant qu’actuellement.

Une saison régulière en deux phases

Cette nouvelle formule reposerait sur l’organisation d’une première phase avec 5 groupes de 8 équipes :

  • 1 groupe de 8 équipes qui correspondrait aux 8 participants des Playoffs de la saison précédente, les 8 équipes engagées dans les compétitions européennes ;
  • 4 groupes régionaux de 8 équipes, dont le classement final déterminera la poule à laquelle elles seront intégrées;
  • 4 groupes régionaux de 6 équipes en NM1.

A l’issue de cette 1ère phase de 14 journées (10 en NM1), la compétition entre dans son format en poules uniques :

  • Un championnat ProA de 16 clubs où les 8 équipes du groupe « européen » sont rejointes par les 2 premiers de chaque groupe régional. Chaque formation conserve les résultats acquis face à leurs adversaires direct – les 14 journées disputées pour les équipes européennes, les 2 face à leur vis-à-vis en 1ère phase pour les autres. Dans un premier temps, les 8 équipes issues des groupes régionaux s’affrontent au cours de 12 matchs pour arriver «à jour» de calendrier avant de se frotter aux 8 équipes européennes pour 16 journées supplémentaires.
  • Un championnat ProB de 16 clubs qui rassemble les équipes classées de la 3e à 6e place dans les groupes régionaux. Elles conservent les résultats contre les formations déjà affrontées avant d’entamer 24 nouvelles journées dans cette 2e phase.
  • Un championnat ProC de 16 clubs rassemblant les équipes classées aux deux dernières places de chaque groupe régional ainsi que les 2 premiers de chaque groupe de NM1. Là encore, tout le monde conserve ses résultats de la 1re phase (2 matchs) et s’apprête à disputer 28 journées.
  • Une poule unique de 16 clubs en NM1 avec 24 journées à disputer.

La 3e phase correspond classiquement aux Playoffs et rassemble les 8 premiers de chaque championnat (ProA, ProB, ProC, NM1) pour déterminer les quatre champions (dont 3 sous l’égide LNB). Les 8 qualifiés aux Playoffs ProA sont aussi les 8 équipes qui prendront part à la division d’élite la saison suivante, et les 8 qualifés aux Playoffs ProC sont ceux qui se maintiennent en LNB, les 8 autres équipes étant reléguées en NM1.

Un calendrier qui s’ajuste aux différentes typologies de clubs

Concrètement et si l’on considère la saison régulière (phases 1 & 2), le volume de matchs est à la fois «tenable» et adapté aux enjeux de chacun :

  • 30 matchs pour les 8 équipes de la division Elite, comme c’est le cas pour un championnat à 16 clubs ;
  • 42 matchs pour les 8 équipes LNB qualifiées en ProA et en ProC ;
  • 38 matchs pour les 8 équipes de NM1 qualifiées en ProC ;
  • 40 matchs pour les 16 équipes qualifiées en ProB ;
  • 34 matchs pour les 16 équipes de NM1.

Le calendrier est allégé pour les formations européennes, la menace de la relégation ne pèse plus que sur 8 équipes sur 40 et le diffuseur peut proposer des affiches dès le début de saison avec la concentration des meilleures équipes dans une même poule, celle sur laquelle porterait les droits TV. Pour les dirigeants et les spectateurs, c’est aussi davantage de matchs et surtout des confrontations régionales plus nombreuses.

En termes de calendrier, compte tenu de la «jointure» nécessaire aux équipes LNB qualifiées en ProA par rapport aux 8 équipes européennes, la 1ère phase serait plus longue dans la durée pour ces dernières – avec un rythme d’un match par semaine en championnat seulement, et un coup d’envoi plus tardif (fin-septembre/début octobre). Pour les autres, la 1ère phase débuterait en septembre et utiliserait le mois de décembre pour disputer une partie du différentiel de matchs (8 à 10 supplémentaires).

Concernant les Playoffs, on peut opter pour une formule classique en ProA/ProB et un format « Final 8 » plus compressé en ProC et NM1. On peut aussi réfléchir aux quotas de joueurs étrangers, sachant que cette cette formule suppose d’avoir une même règle pour les 40 clubs LNB par souci d’équité. Mais l’essentiel de mon propos porte davantage sur cette vision globale des championnats professionnels et amateurs. Le débat est ouvert !

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Plongée dans la pensée riolienne, la vision de Daniel Riolo appliquée au football chaque soir dans l'After Foot sur RMC.

L'auteur

Fabien Zaghini
Je m'appelle Fabien Zaghini et je suis freelance en marketing digital. Tendances SEO & SMO, best practice rédactionnelles, prises de parole : ce blog est mon espace d'expression autour de mon métier et des sujets qui me tiennent à coeur.